Actualité de l’événement
Le 8 janvier 2024 un seul et unique courrier électronique est parvenu à l’ensemble des protagonistes qui gèrent les structures d’accueil de la petite enfance en Valais concernant la suppression des subventions cantonales pour les stagiaires et les apprentis de la branche avec la teneur suivante :  » Malgré une intervention parlementaire visant le maintien de la subvention, le budget 2024 a finalement été amendé en raison des restrictions budgétaires. Nous vous confirmons dès lors l’application de cette mesure, avec effet au 01.01.2024. »

Imprévisibilité
Il n’était pas prévisible d’imaginer que le Conseil d’Etat n’applique pas la décision prise unanimement par le Grand Conseil de soutenir le postulat urgent déposé en session de novembre pour maintenir les subventions des stagiaires et apprentis de la branche de la petite enfance, subventions estimées à CHF 900’000.-

Nécessité d’une réaction ou d’une mesure immédiate
La décision unanime des 126 parlementaires présents le 17 novembre 2023 concernant le maintien des dites subventions doit être respectée et appliquée. Il en va du maintien de l’équilibre et du bon fonctionnement du rapport entre le pouvoir exécutif et législatif.

Développement
Il est des sujets à propos desquels il est difficile d’obtenir l’adhésion totale du Grand Conseil valaisan. Celui de la petite enfance en fait partie. Nous en voulons pour preuve, le 17 novembre 2023, notre Parlement a accepté à l’unanimité des 126 députés présents le Postulat urgent traitant de la suppression du subventionnement de l’Etat aux stagiaires et apprentis du domaine de la petite enfance, affirmant on ne peut plus clairement, que les subventions devaient être maintenues coûte que coûte.

Pour le parlement il était indispensable que le Conseil d’Etat s’engage et mette en avant le secteur de la petite enfance, réaffirmant que ce dernier est important pour le futur. Est-il nécessaire de rappeler que les métiers de la petite enfance constituent un corps de professions essentiel pour l’équilibre vie privée vie professionnelle, tant pour les travailleuses et travailleurs que pour l’économie. Couper les subventions contredit le discours habituel du Gouvernement selon lequel les professions sont reconnues.

Le 8 janvier dernier, le Conseil d’Etat a décidé à travers l’envoi d’un courrier électronique de ne pas tenir compte de la position des députés du 17 novembre 2023 de supprimer les subventions pour les apprentis et stagiaires de la petite enfance. Cette décision du Conseil d’Etat donne un très mauvais signal pour la profession et elle aura certainement comme conséquence, si elle est maintenue, une diminution drastique de l’engagement, par faute de moyens disponibles, de stagiaires et d’apprentis qui sont un maillon essentiel et indispensable dans la filière de la petite enfance.

Aujourd’hui, c’est à nouveau d’une seule voix que tous les partis politiques composant le pouvoir Législatif s’élèvent au travers de ce postulat urgent contre le non-respect par le Conseil d’Etat de la décision prise le 17 novembre 2023. Au-delà de la dissension sur un sujet qui, dans les discours fait l’unanimité, les parlementaires sont en droit de s’interroger sur l’utilité du Parlement si le Gouvernement s’autorise à décider seul de ne pas appliquer une décision parlementaire ?

Le rapport entre les trois pouvoirs doit être équilibré pour que l’Etat du Valais fonctionne intelligemment. Chaque pouvoir doit appliquer les décisions prises par un autre pouvoir. Dans ce cas, l’équilibre entre les pouvoirs n’est nullement respecté puisque l’exécutif ne tient pas compte de la décision du législatif. Nous invoquons ici la Constitution valaisanne qui stipule que le Grand Conseil exerce la haute surveillance du Conseil d’Etat.

Conclusion
Le Conseil d’Etat est prié d’appliquer la décision du Grand Conseil valaisan en revenant à l’ancienne version des directives pour l’accueil à la journée des enfants de la naissance jusqu’à la fin de la scolarité primaire, rétablissant ainsi les subventions pour les stagiaires et apprentis de la petite enfance déjà pour 2024 .

Texte déposé par Géraldine Arlettaz-Monnet, PLR/FDP, Aron Pfammatter, Die Mitte Oberwallis, Fabienne Moret-Roth, Le Centre et Valentin Aymon, PS/GC